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Vous avez dit chambre d’hôtes ? PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 01 Juillet 2011 00:00

Avec l’expérience, nous constatons que tous hôtes, quand ils arrivent, ne savent pas toujours avec précision ce qui différencie une chambre d’hôte d'une chambre d’hôtel ou d'un gîte, de séjour ou d'étape.

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Le mot hôte a deux sens opposés. Le sens premier est celui du « maître de la demeure », celui qui accueille. Mais l’hôte est aussi le convive, l’invité, celui qui est reçu et que l’on traite bien. Ne dit-on pas « régaler ses hôtes » ?

Dans les deux cas, qu’il s’agisse de « la chambre d’hôte » ou de la « chambre d’hôtes » nous parlons bien d'un lieu pour accueillir des personnes de passage chez quelqu’un qui « donne l’hospitalité » dans sa propre demeure. Mais pas seulement !

 

Dans tous ces cas, les voyageurs s’arrêtent moyennant une rétribution, cet aspect n’est donc pas le critère.

L’aspect important est la notion d’hôte au sens de « maître des lieux qui héberge chez lui ». C’est là la substance même de ce type de logement. L’habitation où est reçu le voyageur n’est pas n’importe quelle maison, elle est le lieu de vie du propriétaire et de sa famille.

Par conséquent, toutes les pièces d’agréments sont partagées (nb : nous sommes toujours dans le cadre d’une définition théorique) avec la famille qui accueille. Les voyageurs mangent avec le maître de maison, dans la même pièce que le reste de la maisonnée. Théoriquement donc, le voyageur intègre la maisonnée le temps d’une nuit (maisonnée définissant l’ensemble des habitants d’une même habitation particulière).Baila sur Loustic

Nous y voilà : au sens premier, la chambre d’hôte est une maison dont le propriétaire a décidé d’accepter d’héberger les voyageurs de passage dans la région. En tant qu’hôte, au matin, il accepte, cela va de soi, que le voyageur petit-déjeune avec lui et sa famille, avant de reprendre sa route.
Le maître mot est « l’hospitalité », c’est-à-dire la cordialité avec laquelle le maître de la maisonnée accueille quelqu’un chez lui.

Avec le développement exponentiel du tourisme et plus exactement des gîtes et chambres d’hôtes, la nature de ces dernières a forcément évolué et les frontières avec l’hôtellerie sont logiquement devenues plus floues.

On peut par exemple se demander si une chambre d’hôte peut devenir la destination principale du voyageur sans renier sa nature ?
Autrement dit, « passer ses vacances dans une chambre d’hôte » n’est-il pas un contre-sens ?

Nous répondons bien sûr que non, forts de l’expérience des nombreux hôtes que nous accueillons et qui visitent la région pour deux, trois, cinq jours voire une semaine. Certains, chaque matin prennent la route pour ne revenir que le soir. Dans ce cas, nous restons dans le cadre de notre définition : la chambre est un lieu de passage et un bon point d’hébergement.

Mais souvent le petit-déjeuner (qui se prolonge parfois tard dans la matinée !) ou le diner en commun à la table d’hôtes sont les moments où des liens de sympathies se tissent. On revient au deuxième aspect qui est de faire partie de la maisonnée ; à ce qui caractérise une chambre d’hôte selon notre définition, c'est-à-dire le caractère cordial de l’accueil.

Or  « cordial » présuppose une certaine gratuité de l’intention, une hospitalité naturelle. On peut bien sûr se poser la question : à partir de combien de voyageurs ne pouvons-nous plus être « naturellement cordial » et devenons-nous « commercialement cordial » ? Car c’est bien là l’enjeu : à partir de quel moment une chambre d’hôte devient-elle une activité hôtelière ? Est-ce que si le propriétaire a la place d’accueillir trente voyageurs, il s’agit encore d’une chambre d’hôte ? Et si non, à partir de combien de chambres ? Cette question a été tranchée par le législateur à cinq chambres et quinze personnes.

Enfants jouant sous le cèdreBien entendu, la loi et les règlements ne peuvent pas être des garanties réelles dans ce genre de choses impalpables que sont les relations humaines. Les membres du réseau Accueil Paysan y ajoutent un engagement personnel qui s’appuie sur la charte du réseau et sur la volonté d’accueillir « à bras ouverts ». A la campagne qui plus est, c'est-à-dire avec la volonté de montrer que nous avons la chance de posséder encore un milieu rural riche et vivant. Notre volonté est de faire découvrir aux visiteurs, aux citadins, aux étrangers et plus généralement à tous ceux qui nous font l'honneur de s'arrêter "par chez nous", notre métier, notre mode de vie et notre environnement, tant naturel que culturel,au travers d'un accueil caractérisé par la convivialité et l'échange réciproque.

La cordialité suppose également une certaine réciprocité, c'est-à-dire la volonté pour le voyageur ou le vacancier de ne pas considérer son hôte seulement comme un prestataire de services mais comme quelqu’un avec qui un échange est possible. De points de vue, d’expériences, de connaissance et, n’oublions surtout pas, de bonne humeur.

Finalement ces deux derniers aspects forment sans doute la meilleure définition de la chambres d’hôtes telle que nous la concevons au Domaine de Morlay : un lieu de séjour où des liens peuvent se tisser entre hôtes et hôtes !